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Le roi Salman d'Arabie sur la place Rouge

Quil'eut cru ? Pour célébrer le centenaire de la Révolution d'octobre, le roi d'Arabie s'est invité au chevet de Lénine ! Ces épousailles historiques entre la carpe et le lapin sont passées quasiment inaperçues alors qu'elles préfigurent sans doute de la bascule vers un désordre nouveau ou vers une paix inédite au Moyen-Orient.

Quelles impérieuses raisons ont pu précipiter le vieux roi d'Arabie Salman dans son Jumbo Jet médicalisé qui est allé se poser six heures plus tard, à la nuit tombée, par un temps frisquet sur un aéroport de Moscou où il avait été précédé par 1 500 courtisans. Signe que la Royale escapade allait se dérouler dans la contrariété,l'escalator électrique déployé de l'avion refusa obstinément de fonctionner contraignant le vieillard à descendre une à une les marches dorées du luxueux engin. En bas, ni Poutine, ni Medvedev ne s'était déplacé. On avait seulement dépêché un dignitaire débonnaire en col roulé. Il semblait alors que la première visite d'un roi d'Arabie en Russie ne serait pas placée sous le signe du baiser sur la bouche. Et pourtant...

Rencontres, banquets, visites protocolaires s'enchainèrent pendant quatre longues journées. Pour remplir l'agenda et occuper les journalistes en marge de la « semaine culturelle de l'Arabie en Russie » des colloques de gens bien élevés discoururent sur des sujets universels que l'Arabie et la Russie ont contribué à faire progresser comme celui des droits de l'Homme ou de la liberté d'expression. 
Plus concrètement, les dirigeants des deux pays ont convenu de booster leurs échanges commerciaux qui se limitaient jusqu'à présent à quelques millions de dollars d'orge, de pâtes alimentaires, et de minerais. Désormais, il faudra compter en milliards. Tous les exportateurs russes seront à la fête.

Le plus stupéfiant des engagements concerne la coopération dans le secteur de l'armement.
La Kalachnikov, arme fétiche des pays du Pacte de Varsovie sera pour la première fois de son histoire produite dans un pays de l'Ouest ! Le fusil emblématique de tous les révolutionnaires de la terre, celui qui figure sur le drapeau du Hezbollah sera fabriqué dans le royaume de son plus fidèle ennemi ! Au lendemain de cette annonce stupéfiante qui a même étonné le monde des blasés, un quidam sans doute désespéré par la nouvelle, a pris d'assaut le Palais Royal à Jeddah tuant deux gardes avant d'être lui même abattu... la Kalachnikov à la main. Coïncidence ou avertissement ?
Autre motif d'étonnement, l'Arabie a confirmé l'achat de rampes de missiles mobiles capables de faire bouclier à toute intrusion dansson espace aérien. Le système S-400 qui est déployé en Russie face aux forces de l'OTAN, dote également les armées d'Algérie, de Chine et de Turquie. Tout comme Erdogan, Salman ne semble pas faire totalement confiance à son protecteur américain dont le congrès s'est pourtant empressé d'autoriser l'exportation en Arabie de batteries THAAD, rivales du S-400. Il faut dire que nul n'est aujourd'hui capable de mesurer l'efficacité réelle de ces trèscouteux systèmes. Mais sans attendre le « combat proven » sans cesse annoncé et toujours reporté en Corée du Nord, Salman qui en a les moyens, a choisi pour plus de sureté de se payer les deux.
Nouvelle plus réconfortante : depuis Moscou, le Ministre Saoudien des affaires étrangère a révélé que son royaume avait révoqué des milliers d'imams coupables d'avoir prêché la haine ; il en a profité pour accuser le Qatar d'avoir financé ces mauvais salafistes.

Sur la politique régionale, afin de rassurer les naïfs, Salman et Medvedev ont côte à côtepsalmodié des vœux pieux : arrêt des souffrances du peuple palestinien, paix et stabilité pour la Syrie et le Yémen, arrêt de l'interventionnisme iranien, respect de bon voisinage...Au plan économique ils ont l'un et l'autre souhaité une stabilisation des cours du pétrole, et l'Arabie s'est engagée à créer un giga fonds d'investissement pour promouvoir l'innovation en matière d'énergies solaires et nucléaires dans le royaume.

À l'issue de cette incroyable rencontre entre des personnages aux antipodes de la sphère diplomatique internationale, toutes les spéculations sont permises. En Syrie d'abord dont il faut rappeler, que la guerre a été provoquée, soutenue et perdue par l'Arabie Saoudite, et de laquelle la Russie sort vainqueur. Au Yémen ensuite, dont le tiers du territoire est quotidiennement tapissé de bombes saoudiennes mais qui résiste et porte la guerre chez son agresseur. Dans ce pays anéanti où elle a depuis les premiers jours acheminé l'aide humanitaire, la Russie devient l'incontournable médiateur. Enfin, elle s'impose également comme l'unique interlocuteur crédible capable d'apaiser les tensions et de garantir un pacte de non agression entre l'Arabie et l'Iran.

Pour Washington, ce voyage est un camouflet diplomatique d'autant que le roi Salman, fin connaisseur de l'Amérique dont il a fréquenté tous les Présidents depuis John Kennedy, est en mesure d'apprécier la valeur de la poignée de main qu'il a échangé avec Donald Trump il y a quatre mois.
Comme toujours, le diable se niche dans les détails.
Le roi qui souhaitait être fait docteur honoris causa de la prestigieuse université de l'Amitié des Peuples Patrice-Lumumba s'est contenté d'une remise en grande pompe du diplôme de l'Institut de formation des diplomates russes. Pour Salman, le chemin de Moscou fut celui de Canossa. Et ce n'est qu'un début car l'acte de contrition accompagné du paiement de quelques armements ne soldera pas pour autant le tribut que réclament les Russes pour prix de leur nouveau protectorat sur le Moyen-Orient.
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L'Arabie ne sera plus jamais comme avant

Le roi Salman vient de permettre aux femmes de conduire. Cette décision mondialement saluée est le résultat des luttes que mènent depuis des années les femmes courageuses d'Arabie.
Manal Al Sharif, l'une d'entre elles, est une jeune femme super diplômée qui travaillait à l’Aramco la compagnie arabo-américaine des pétroles. Un beau jour du mois de mai 2011, cette respectable veuve est sortie de chez elle au volant de sa voiture. Et sa vie a basculé. Arrêtée par la police elle est sermonnée avant d’être raccompagnée à son domicile. Quelques heures plus tard, elle est à nouveau interpellée et jetée en prison sur l'accusation d'avoir gravement troublé l’ordre public. Avant de la juger, les autorités exigent qu’elle fasse publiquement acte de contrition et de repentir sur Facebook où elle compte des mille et des milliers d’amies. La délinquante s’obstine, aggravant son cas de jour en jour. Les prédicateurs montent en épingle le fait divers. Leurs prêches enflamment les mosquées. Des gardes de la foi accusent Manal Al Sharif d’être une Matahari des chiites iraniens, d’autres prétendent qu’elle est au service des singes sionistes ou des incroyants. De toute évidence, Satan n’est pas loin, le procès en sorcellerie est à craindre. 
La presse traite l’Affaire à la une. La population est divisée, il y a les pro et les anti-Manal. Le roi hésite à se prononcer car la guerre civile menace la dynastie. Même les Américains et les Européens, habituellement empressés à voler au secours de la veuve opprimée, regardent leurs chaussures en se grattant l’oreille car l'Arabie Saoudite est le premier exportateur de pétrole et le premier importateur d’armes, ce qui mérite réflexion. Que la Jeanne d’Arc saoudienne se débrouille ! D’ailleurs, on a promis aux riches bédouins de ne jamais se mêler de leurs affaires. On ne va pas commencer à propos d'une bédouine !
Ils avaient tort, car ce fait divers était le premier battement d'ailes du papillon.

Sur le net, la criminelle « présumée innocente » qui a filmé son arrestation appelle toutes ses consoeurs du pays de l’or noir, à prendre le volant. Aucune loi ne l'interdit, on s'en aperçoit, mais c’est comme ça. Manal a bravé la non-loi au nom de laquelle Ubu l’a mis en prison. Son acte était révolutionnaire car il mettait en péril le socle (en arabe al quaïda) de l’idéologie intégriste wahhabite. Pour les salafistes, la seule et unique fonction de la femme est la reproduction. Point. Elle est soumise. Elle est objet. Jamais elle ne conduit, toujours elle suit. Dans la rue, elle marche derrière, en voiture elle ne saurait être devant. Elle doit dire oui, elle doit se taire et retenir ses non. A-t-elle une âme ? Un cœur ? Une raison ? Là n’est pas le sujet. Elle est mère, fille, sœur, épouse de l’homme son maître. Khalas. On ne la regarde pas, on ne lui dit pas madame car la muette ne répond pas. Au visiteur qui frappe à la porte, elle claque dans ses mains pour demander « qui est là ? et signifier de passer son chemin car son homme n’y est pas ». 
Elle n'a pas d’identité, pas de papiers, pas de photo dévoilée. Alors, un permis de conduire ! Vous n’y pensez pas ! Céder serait ouvrir la voie à toutes les extravagances ! Demain, au prétexte de canicule elle refusera de porter des gants noirs, puis, elle voudra montrer sa face, sa crinière, ses mamelles et son croupion…Quelle décadence ! Allah soit loué ne le permettra pas. Pourtant Manal est une Al Sharif, une descendante du prophète ! Sa révolte était-elle inspirée ?


Toujours est-il que ce 28 septembre 2017, après six années de résistance, le pouvoir a cédé. Saluons les femmes d'Arabie.
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Mohamed Ben Salman en marche vers l'Empire d'Arabie

Une révolution silencieuse est en train de projeter l'Arabie Saoudite vers un destin dont nul ne peut prédire s'il sera salutaire ou dévastateur. L'artisan de ce bouleversement discret est un jeune Prince ambitieux, Mohamed fils de Salman qui à la faveur d'un coup d'éclat de Palais en juin dernier, a été sacré unique héritier de son père très âgé. Il ne porte pas encore la couronne mais il est déjà roi et demain, si Allah (et l'Amérique) le veut il sera empereur des arabes.


Portrait
Il y a seulement six ans, rares étaient ceux qui auraient parié un riyal sur l'avenir de ce jeune homme nonchalant que l'on voyait quelques fois à la belle saison déambuler sur les Champs-Élysées. Depuis, il a conquis le royaume en élaguant les mauvaises branches d'une cousinade qui lui faisait de l'ombre. Son exploit au cœur d'une cour royale de gérontes où prolifèrentles « Duc de Guise » et les inquisiteurs de la charia porte l'espoir de la sortie de son pays du moyen-âge.
À 31 ans, sa puissance est sans égale. Il est maître d'un richissime royaume pétrolier sur-armé où un milliard et demi de musulmans rêvent d'aller s'agenouiller. On le dit benêt, on le suppose inexpérimenté et capricieux, on le moque, on le craint. D'allure douce et placide, il a grandi à l'ombre d'une mère de fer et d'un père de velours. Contrairement à ses frères diplômés, il n'a pas suivi de scolarité à l'étranger. L'autodidacte est un géant taiseux qui prise les retraites paisibles sur son yacht ou sur une île des Maldives. Il n'est pas fêtard comme ses cousins de son âge ; c'est un épicurien qui admire la culture japonaise, mange des sushis et pratique la politique comme un art martial. On aurait tort de croire que c'est depuis sa chaise longue et par la seule grâce de son papa qu'il est passé de l'ombre des chambellans à la lumière des grands de ce monde car il faut avoir l'esprit rusé et des dents acérées pour parvenir à dominer en quelques années un sérail truffé de courtisans sournois.


Les trois sabres
Rompant avec la tradition des subtiles compromis feutrés, les Salman père et fils ont conquis le pouvoir par une succession d'astucieux coups de force écartant méthodiquement tous les prétendants au trône.
La tâchen'était pas facile car en quatre générations, la famille polygame d'Abdulaziz, fondateur de la dynastie, mort en 1953, a proliféré pour atteindre 7 milliers d'Altesses. Chacune bénéficiant d'une rente, prébendes et privilèges à la hauteur de son rang. À la cour, fourmilière d'intrigants, le pouvoir de la force du sabre appartenait à trois lignées de Princes de premier rang, chacun disposant de sa propre armée.
Ainsi, les Sultan commandaient sans partage le Ministère de la Défense et de l'aviation (MoDA) ; les Nayef régnaient pareillement depuis 1975 au Ministère de l'Intérieur et les Abdallah à la Garde Nationale. Ces armées de plus de cent mille hommes sur-équipées, dotées d'un budget sans limites ni contrôle, disposaient de ses propres services de renseignement et de ses réseaux d'influence diplomatique. Chacune constituait un Royaume dans le Royaume. Le roi se contentait d'arbitrerles querelles permanentes du sérail avec plus ou moins d'autorité. Il n'était pas le monarque absolu que le protocole laissait supposer, mais l'otage de ses demi-frères à l'exception d'Abdallah, le Ministre de la Garde nationale bédouine qui se tenait loyalement à l'écartdes intrigues.
Cette royale pétaudière ne dérangeait pas les bonnes affaires du monde, bien au contraire, mais l'ingérence des Altesses caractérielles dans les conflits à l'étranger échappait de plus en plus au contrôle du protecteur américain. La multiplication des réseaux princiers salafistes qui menaient sans logique ni concertation leur jihad personnalisé et meurtrier aux quatre coins du monde était devenu incontrôlable. Après avoir vainement tenté de les instrumentaliser, Washington s'est tardivement décidé à y mettre bon ordre en favorisant l'émergence de la branche la moins détestée et la moins corrompuedes Saoud. À charge pour les Salman de faire le ménage en liquidant l'hégémonie des Sultan et des Nayef.


L'émergence de la dynastie Salman
La révolution de Palais commence en novembre 2011 lorsque Salman, le populaire gouverneur de Riyad réussit à se faire nommer ministre de la défense à la mort de son demi-frère Sultan qui occupait le poste depuis 59 ans. Devenu roi en janvier 2015, Salman transmet le portefeuille à son benjamin de fils, Mohamed alors âgé de 28 ans.
La fonction semblait alors totalement hors de portée de sa juvénile inexpérience. Le Ministère Saoudien de la Défense et de l'Aviation (MoDA) est une forteresse gangrenée par les fournisseurs d'armes et des officiers d'opérette peu soucieux d'encadrer les troupes de mercenaires pakistanais, égyptiens, soudanais... Malgré ses arsenaux bondés de matériels sophistiqués, ses capacités opérationnelles n'étaient pas probantes, sa mission de défense apparaissait sans cesse détournée par les intérêts mercantiles d'une hiérarchie corrompue.
À peine nommé, le nouveau ministre ordonna une offensive contre le Yémen voisin. (1) Trente mois plus tard, les effroyablesbombardements incessants qui perdurent ont entrainé une catastrophe humanitaire dont sont victimes des millions de pauvres gens. Mais alors que l'armée est toujours engluée sur le front de cette guerre ingagnable, on peutse demander si l'impulsive offensive de Salman n'avait pas pour objectif principal d'occuper les officiers de l'armée saoudienne en les détournant de toutes tentationsde sédition. De surcroît, ce massacre avait valeur de test d'autorité et d'impunité sur la scène internationale car dans les capitales biens pensantes, on protesta mollement. Il faut dire que les commandes affluaient suite à la tournée des fournisseurs du Prince-ministre : Moscou, Washington, Londres, Paris, Pékin... À ses fonctions de Commandant en Chef d'une armée dispendieuse, il avait entre temps ajouté celle de Président du Conseil Économique de Développement qui chapeaute tous les ministères et proposé de nationaliser au plus offrant le géant du pétrole Aramco. Le chefs d'Etats déroulèrent le tapis rouge ; même l'empereur du Japon ! Singulièrement, Hollande et Valls, après avoir mordicus soutenu le clan Sultan misaient alors sur Nayef ministre de l'intérieur de père en fils depuis 1975. Mauvaise pioche ! Celui-ci, après avoir été promu Prince héritier par le roi Salman le temps de le distraire de son ministère, était brutalement dégagé au premier jour du printemps dernier. Selon un observateur bien informé, Nayef a été arrêté et mis au secret pendant toute une nuit pendant qu'un conseil d'allégeance réuni en hâte le destituait et nommait à sa place Mohamed Ben Salman qui depuis lors, au coté de son vieux roi de père, règne sans partage.


Vision 2030
Contrairement à la plupart des pays arabes qui tardent à la manœuvre, l'Arabie contre toute attente, est passéede la gérontocratie à la juvénilocratie. Mohamed Ben Salman a brutalement secoué les tapis poussiéreux. Entouré de jeunes technocrates pragmatiques il a lancé à grand renfort de communicants un plan de développement dont l'ambition est de faire muter la société médiévale d'Arabie vers le modèle des Emirats Arabes Unis. Vaste programme qui se heurte à l'opposition d'une fraction fanatisée mais porte l'espoir d'une population de 20 millions de sujets avides de consommation dont une large proportion stagne dans un état de pauvreté inimaginable.  
C'est une révolution des mentalités car le culte wahhabite intégriste est voué à l'adoration du passé. L'avenir n'appartient qu'à Dieu. La planification est par conséquent une tentative quasi séditieuse de peser sur le destin. Vision 2030 - qui s'affiche en calendrier grégorien et non hégirien sur toutes les façades de la capitale - s'inscrit dans une échéance qui exclut la génération des barbons et porte l'espoir d'un renouveau. La jeunesse la plus connectée de la planète qui représente les trois quart de la population a bien compris le message. Ben Salman est populaire. D'autant qu'il a multiplié les nominations de diplômés roturiers et les signes d'une « libéralisation » des moeurs en permettant la tenue de concerts, en autorisant la compétition sportive féminine, en faisant libérer une gamine qui avait eu l'audace de se faire photographier en jupe sur un lieu publique ou un gamin qui dansait la macaréna dans la rue. Depuis que Salman a amputé les pouvoirs d'inquisition des brigades de la « Préservation de la Vertu et de la Lutte contre le Vice », la jeunesse soulagée multiplie les audaces ; elle se met à rêver la fin du cauchemar. La dernière initiative « réformiste » de la cour projète la mise en valeur du potentiel touristique du pays par la création de zones de loisirs sur les bords de la mer Rouge. Demain le Club Med en Arabie ? En attendant, Ben Salman a personnellement négocié avec l'américain Six Flags, le concurrent de Disney l'implantation d'un gigantesque parc de loisirs qui concurrencera ceux de Dubaï.

Mise au pas
Ces soupirs de tolérances masquent l'impitoyable répression des libertés. Le Prince héritier brise tous ceux qui lui résistent. Nul n'est épargné, ce qui donne l'illusion de l'équité. La bourgeoisie a été la première a en faire les frais. La richissime et jadis intouchable famille Ben Laden s'est retrouvée au bord de la faillite et le puissant groupe de BTP Oger a vacillé... (2) Le patronat a vite compris la leçon. Depuis, aucune initiative financière ou économique d'envergure n'est devenue possible sans l'assentiment préalable de Ben Salman.
La noblesse a pareillement été mise au pas. Fait sans précédent, une altesse royale accusée de crime crapuleux a été décapitée l'an dernier. D'aucuns pensent que l'affaire était autrement plus grave. Bien sûr,l'épée de Damoclès pèse plus lourd sur le simple roturier car l'arsenal liberticide a été renforcé au nom de la lutte contre le terrorisme. Chaque lamentation risque d'être mal interprétée et peut valoir à l'imprudent le fouet et l'enfermement. Combien de Badawi, de Kashgari, combien de milliers de chevaliers de La Barre croupissent dans les cachots pour avoir osé penser ? (3)
Enfin, le pouvoir religieux monopolisé par le clan des Al al Cheikh descendants d'Abd-al-Wahab - fondateur du wahhabite né vers 1700 qui s'est illustré par le nivellement des tombes et la lapidation des femmes - est jusqu'à présent resté indifférent au réformisme de Ben Salman qui en contrepartie, permet une hystérique et sanglante croisade contre la minorité chiite du royaume. Les intégristes saoudiens qui mettent les chiites au premier plan de leur haine (avant les juifs et les mécréants) sont ravis.


L'or dans une main, le fer dans l'autre
La volonté de domination des âmes s'étend au-delà des frontières. La diplomatie religieuse saoudienne exerce une influence envahissante dans toutes les mosquées sunnites de la planète. Elle disposerait d'un budget faramineux de l'ordre de 9 milliards de dollars selon Pierre Conesa. Par l'or ou le fer, les musulmans doivent se soumettre. En premier lieu les proches voisins. Après l'invasion du Yémen voisin, Salman est déterminé à rabattre le caquet à l'arrogant petit Qatar dont l'Émir soutient les Frères Musulmans et le Hezbollah mais surtout, qui affiche une posture de fermeté vis-à-vis d'Israël et de compromis envers l'Iran. Tout le contraire de l'Arabie. À la stupéfaction générale, en juin dernier, l'Arabie a fermé ses frontières et placé Doha en quarantaine. (4) Depuis, l'émirat clame crânement « même pas mal » avant de se résoudre à mettre bientôt un genou à terre. La communauté internationale est bien embarrassée car entre ceux qui encagent les poètes et ceux qui fouettent les bloggers, il ne s'agit pas d'évaluer la capacité de malfaisance des sectateurs wahhabites, mais leur pouvoir d'achat.
Cette crise profite aux États Unis dont les entreprises gagnent des parts de marchés au détriment des européens qui tentent tour à tour sans illusion une médiation. Tous les émissaires de bonne volonté se sont fait éconduire par Salman, car le rôle est réservé à Donald Trump dont la nouvelle politique saoudienne a les faveurs.

Vers l'Empire d'Arabie
Le Président des États-Unis n'est pas mécontent de la disgrâce de Nayef et des ennuis de l'Émir du Qatar car l'un et l'autre avaient généreusement financé la campagne électorale d'Hillary Clinton. Pourtant, au-delà de cette petite satisfaction, Trump ne peut ignorer que l'Arabie est le premier propagandiste de l'islamiste sectaire qui propage la haine et financent l'intolérance sur tous les continents. Maisil a fait semblant de l'ignorer, exercice qui lui était aisé. Mieux, il a créé à Riyad un Centre mondial de lutte contre les idéologies extrémistes ! Mais aux Saoudiens qui avaient racheté au prix fort leur nouveau statut de repenti il a lancé une menace à peine voilée : « Il y a un choix à faire entre deux futurs – et c’est un choix que les États-Unis ne peuvent pas faire à votre place. Si vous choisissez d’emprunter le chemin du terrorisme, votre vie sera vidée de toute substance, votre vie sera brève et votre âme sera damnée à tout jamais » Discours du 21 mai 2017 au sommet arabe islamo-américain de Riyad.
Mohamed Ben Salman a clairement compris le message. Il porte désormais le destin d'appliquer à la lettre la feuille de route US. S'il réussit, le demi-roi deviendra Empereur de la péninsule arabe dominant le pétrole mondial et 100 millions de sujets.Sinon, le Pentagone a sans doute prévu un plan B. Mais le Saoudien ne trahira pas le deal topé avec l'Américain... du moins, tant que Donald Trump occupera la Maison Blanche. 

(1) https://hybel.blogspot.fr/2015/03/yemen-les-dernieres-nouvelles-de-demain.html

(2) https://hybel.blogspot.fr/2015/09/la-chute-de-lempire-ben-laden.html

(3) https://hybel.blogspot.fr/2012/02/hamza-kashgari-est-il-francais.htm

(4) https://hybel.blogspot.fr/2017/06/le-qatar-au-pilori.html

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Le chien du Président

Ah quelle belle rentrée politique ! Bravo les communicants, ils ont fait fort.
Pour tenter d'endiguer la descente aux enfers de Macron dans les sondages, ils ont rameuté le clan des 30 millions d'amis. Le décision n'a pas été facile à prendre car ni Brigitte ni Emmanuel n'affectionnent particulièrement les bêtes à poils et à puces. Mais, raison d'état d'impopularité oblige, ils ont fini par y consentir.
Une cellule a été créée dés les premiers jours du mois de juillet pour notamment définir le profil de la bête, procéder à sa sélection, préciser son rôle et désigner les différents responsables qui lui seraient attachés.

Après avoir écarté toutes les suggestions d'acquisition d'un animal de compagnie « clivant » tels que chat, jugé trop indépendant, panda, trop placide, perroquet trop bavard, veau, vache, cochon, couvées...trop bassecour, le comité est vite tombé d'accord sur le chien qui depuis Pompidou, Giscard et Mitterrand symbolise l'attachement du Président au plus fidèle ami des Français. Un pattu, certes, mais de quelle race ? grand, petit, poils durs, longs, frisés ? de chasse, policier, à sa mémère... ? Au troisième jour de concertation l'assemblée à l'unanimité suggéra que le clébard soit de taille moyenne et de race française ou issu d'une saillie mixte. Tous convinrent que le pelage ne puisse en aucun cas rappeler la teinte des cheveux du couple présidentiel. Ni jaune ni fauve et sans taches. Le noir, qui ressort si bien sur le gravier blanc des allées de l'Élysée fut plébiscité.
Un vif débat opposa les partisans de l'adoption d'un chiot à ceux préconisant le recueil d'un cador adulte. Idem en ce qui concerne le sexe de l'animal car comme chacun sait l'un projette sans discernement ses mictionscontre un arbre, un angle de murs ou la jambe d'un garde républicain, alors que la chienne se soulage sagement et discrètement en baissant élégamment son derrière près du sol. Pour éviter tout pipi intempestif et l'éclaboussure d'un cliché de paparazzy qui ferait rire la France entière, la femelle fut préférée au mâle. Dans leur élan, les crânesd'oeuf du comité cabot imaginèrent que la chienne présidentielle se ferait saillir à l'automne par l'épagneul breton du gardien de La Lanterne et qu'une portée naîtraitau printemps devant les cameras de Stéphane Bern et les reporters de Paris Match. Consultée sur ce génial scénario à rebondissement, Brigitte opposa son véto à la dynastie canine élyséenne. Va donc pour un chien adulte moyen, bâtard sans tare.

Plusieurs vétérinaires dont un psychocanidologue danois furent chargésd'auditionner en grand secret les postulants des chenils et refuges de l'hexagone. Un première meute fut dirigée vers un parc de la région parisienne où les impétrants furent soumis à une batterie de test bio médicaux et comportementaux. Les aboyeurs, les léchouilleurs, les baveurs, les pendus de la langue, les queues coupées, les donneurs de patte, les frotteurs lubriques, les quémandeurs, les geignards et autres tarés furent impitoyablement éliminés. Restèrent quatre candidats. La DGSI fut appelée en renfort pour vérifier leurs origines, croiser leur pedigree, enquêter sur l'honorabilité de leur portée. Il convenait de s'assurer que le clebs ne fut pas un agent mordant dormant fiché « S ». On passa à deux doigts de la catastrophe car l'un des finalistes se révéla être un chien de la chienne fugueuse de Mélenchon. Le médor sélectionné in fine présentait toute les garantiesde lignage puisque né d'une union fortuite dans une partouze de clébards de milliardaires à Saint-Tropez. Son maître, répondant au nom prédestiné de Marin car de son état gardien de phare à l'île des pendus en rade de Marseille, consentit à s'en séparer en échange d'une promotion-mutation aux Kerguelen où il pourrait s'adonner à sa passion pour les phoques.
Une jeune publiciste à l'imagination talentueuse fut alors chargée de bricoler une fable biographique à faire pleurer dans les chaumières : le Labrador croisé Griffon de deux ans aurait été lâchement abandonné en Corrèze par un vilain maître totalement insensible au caractère « vif, intelligent et sympa » de son animal...à la SPA de Tulle (seconde allusion lourdingue à François Hollande) l'infortuné corniaud ne trouvait pas preneur...alors, il a été transféré au refuge d'Hermeray en banlieue parisienne (à 500 km)... et un jour d'été, son destin a basculé : le President et la Première Dame dans une démarche inédite et généreuse...
C'est bon ça coco, j'achète !

Restait à habituer Kiki -c'est son nom de baptême – à répondre à l'appel de Nemo, à le familiariser avec certains usages des Palais de la République comme le respect du mobilier national et des parterres fleuris. Pendant une semaine on l'accoutuma à l'odeur de ses nouveaux maîtres en plaçant dans sa niche des vêtements portés par le couple présidentiel. On lui fit répéter le parcours du perron au jardin et du jardin au perron. On simula l'arrivée d'une délégation officielle, le crépitement des appareils photos, les projecteurs des caméras, les interpellations des journalistes, les accents de la Marseillaise. On le dressa à rester impassible à son environnement, à aller sagement vers son maître et à revenir vers son dompteur au premier coup de sifflet à ultra son sans jamais aboyer ni lever la patte.


Au terme de huit semaines de patience, la persévérance de la brigade com/canine de la Présidence a vu ses efforts récompensés. Le 28 août lors du sommet africain sur la crise migratoire, le Président du Niger Mohamadou Issoufou a été accueilli en haut du perron de l'Élysée par un Macron flanqué de Nemo la queue frétillante. De bon augure pour des négociations sur les réfugiés. Toutes les télévisions étaient là pour répandre les images de l'hôte du Président et de son chien. Mais si certains téléspectateursde la France profonde s'attendrirent, les Africains eux, ont serré les poings, car aucune offense plus grande ne pouvait leur être faite que celle là. Kadhafi - qui n'était pas que fou - aurait tourné les talons devant pareil affront car en Afrique et chez les musulmans, le chien impur lécheur d'excréments n'entre jamais dans les maisons. 
Décidément, la diplomatie, le protocole et la bienséance ont des exigences que les puissants petits Marquis de la communication ignorent.
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Dès l'acquisition de votre chiot, cette méthode permet à l'animal d'apprendre dans le plaisir les bases de l'obéissance. Un chien plus âgé découvrira une méthode amicale et positive d'apprentissage et sera tout aussi réceptif quelque soit sa race et sa taille.

Votre animal présente des troubles relationnels, ne vous obéit pas ou plus ?

Il faudra d'abord trouver la cause de ce comportement qui ne vous convient pas et c'est par une séance comportementale qu'il faudra commencer pour rétablir ensemble une communication cohérente et compréhensible avec votre compagnon avant de le soumettre aux contraintes d'apprentissage bien qu'elles soient douces et positives.

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