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Les urgences

Ce que nous dit le dossier n°61 "Des Bons Maîtres" de Juin 2008


(Je n'aborderai dans cet article que le cas du chien).



Mon chien saigne, mon chien s'est fait renverser par une voiture...

L'urgence est définie comme une anomalie d'apparition soudaine, d'un organe ou groupe d'organes, suffisamment douloureuse et grave pour mettre parfois la vie de l'animal en danger.

Qu'ils soient propres à l'animal ou provoqués par des agents extérieurs, la liste des dysfonctionnements est longue. Vous trouverez d'abord deux situations fréquentes de consultation en urgence, les bons réflexes à avoir lorsqu'elles se présentent et quelques conseils pour les éviter.
D'autres affections graves nécessitent une visite chez votre vétérinaire. Vous en trouverez une synthèse sous forme de tableau.


L'accident de la voie publique

On appelle communément "accident de la voie publique" tout accident qui a lieu à l'extérieur de l'habitation et est à l'origine d'un traumatisme.
Les blessures peuvent aller d'une simple entorse à l'hémorragie interne ou la paralysie des membres.
Malheureusement, les blessures les plus graves ne sont pas forcément les plus visibles. En effet, un chien peut se relever d'un choc avec un véhicule mais avoir des organes abdominaux atteints...

Les accidents les plus fréquents sont les chocs avec des véhicules, les pièges à collet, les pattes coincées dans les escalators.

Outre la loi, il ne faut pas laisser divaguer son chien surtout en milieu urbain. Il est tout aussi préférable d'emprunter un escalier plutôt qu'un escalator si l'on ne peut pas porter son chien.

Lors d'un choc :
  • évitez de manipuler ou de déplacer l'animal,
  • le porter en le mettant sur un drap ou tout autre support qui fera office de civière.

  • il est important de museler le chien avant tout autre chose car il pourrait mordre par réflexe en réponse à une douleur dûe à l'accident. Un simple morceau de tissu ou la laisse peuvent suffire. Il ne s'agit pas d'étouffer le chien mais de maintenir sa gueule fermée.
  • désinfecter et arrêter tout saignement visible à l'aide d'un linge propre ou une compresse en appuyant sur la plaie si ce n'est pas douloureux pour l'animal.
Une visite chez le vétérinaire permettra de mesurer l'étendue des lésions et de surveiller son état général.

Une hémorragie interne, une rupture de vessie, un pneumothorax peuvent décompenser plusieurs heures après le choc.

Opérer une patte fracturée n'est pas une urgence. Il faut attendre quelques heures, voire quelques jours avant toute intervention, pour permettre à l'animal de récupérer de son état de choc et de stabiliser ses fonctions vitales.

Radiographie d'une fracture ouverte

La gastroentérite aiguë

C'est une inflammation du système digestif qui se traduit par des vomissements et de la diarrhée souvent très impressionnants. Elle évolue sur quelques heures à quelques jours.
Elle peut avoir de nombreuses causes :
  • une infection par des virus
  • une infestation par des vers
  • une ingestion de produits toxiques (chocolat, plantes, produits ménagers...)
  • un changement d'alimentation trop brutal
  • une maladie du foie, du pancréas...
Le bon réflexe consiste à mettre le chien à la diète pendant au moins 24 heures avec de l'eau à disposition sauf si celui-ci la vomit.

Si c'est la diarrhée qui est prépondérante, le chien peut boire. Toute nourriture est à proscrire y compris le riz. Le tube digestif doit être mis "au repos".

Si les symptômes persistent malgré ces règles simples ou si l'état général se dégrade, il faut consulter. Des injections seront pratiquées afin d'arrêter vomissements et/ou diarrhées.

Si l'état général est très détérioré avec abattement, fièvre (température rectale supérieure à 39° C), saignements digestifs, le chien sera hospitalisé et mis sous perfusion pour le réhydrater et lui administrer les médicaments adaptés à sa pathologie par voie intraveineuse.

Prévention
Ne pas changer brusquement une alimentation qui convient à votre chien. Toujours penser à faire une transition progressive sur au moins 4 jours car son système digestif est sensible.


Dans leur grande majorité, les situations suivantes nécessiteront de consulter rapidement votre vétérinaire.
En attendant la consultation, voici quelques bons réflexes à avoir ou au contraire des gestes à éviter.
Cela ne remplace en aucun cas la consultation chez le vétérinaire qui, seul, pourra évaluer la gravité de la maladie et mettre un traitement en place.


Récapitulatif des bons réflexes lors de quelques situations d'urgences

cliquez sur le tableau pour l'agrandir


Conclusion

Prévenir "l'urgence" est souvent possible avec du bon sens et un minimum d'attention. Malgré cela, il est parfois impossible d'anticiper certains dangers ou la survenue d'une maladie aiguë. Alors, ayez le bon réflexe : prenez toujours avec vous les cordonnées de votre vétérinaire et celles du lieu où vous séjournez avec votre animal !

Nota bene : cet article a été réalisé à l'aide de tout ou partie des textes et photos publiés dans le dossier "Des Bons Maîtres" n°61 de Juin 2008 distribué par les vétérinaires.


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Les maladies cardiaques du chien

Ce que nous dit le dossier n°57 des Bons Maîtres de Mars 2007.

(Je n'aborderai dans cet article que le cas du chien).

Les maladies du coeur ont toujours été considérées comme des maladies particulières car difficiles à explorer, traiter et opérer.
Si les signes cliniques ont été et restent des éléments déterminants pour détecter et soigner les maladies cardiaques, des examens complémentaires ne nécessitant ni anesthésie ni tranquillisation ont considérablement facilité l'abord du chien cardiaque.
Les chiens peuvent souffrir de maladies cardiaques mais contrairement aux humains, des cas rarissimes d'infarctus sont rapportés. Le propriétaire doit être attentif à repérer les signes pouvant témoigner d'une cardiopathie chez son animal pour que le vétérinaire mette en place dès que possible un traitement visant à éviter l'évolution de la maladie vers une insuffisance cardiaque.


Fonctionnement du coeur

Le coeur est une double pompe constituée d'un muscle - le myocarde - recouvert à l'extérieur par une enveloppe - le péricarde - et à l'intérieur tapissé par une autre enveloppe, l'endocarde.
Les replis de l'endocarde forment des clapets anti-retour, les valves. Coeur gauche et coeur droit sont indépendants mais leurs phases de contraction-décontraction sont simultanées.



Lors de la phase de décontraction, le sang "rouge", oxygéné dans les poumons, arrive dans l'oreillette gauche (OG) par l'intermédiaire des veines pulmonaires (VP). La valve mitrale qui sépare oreillette et ventricule gauche est largement ouverte et le sang remplit le ventricule gauche. La valve aortique qui se situe entre le ventricule gauche et l'aorte (Ao) est fermée ce qui empêche le sang de couler vers l'aorte. Parallèlement, le coeur droit connaît un remplissage analogue : le sang "bleu" chargé en gaz carbonique revient des tissus par les veines caves (VC). Il pénètre dans l'oreillette droite (OD) puis le ventricule droit (VD) car la valve tricuspide est ouverte. Il ne peut "s'échapper" dans l'artère pulmonaire (Ap) puisque la valve pulmonaire est fermée.



Le muscle cardiaque se contracte, les valves mitrales et tricuspides se ferment et les valves aortique et pulmonaire séparant coeur et gros vaisseaux s'ouvrent. Le coeur gauche éjecte le sang dans l'aorte et tout le réseau artériel qui nourrit les tissus. Grâce à la fermeture des valves mitrales, il ne reflue pas vers l'oreillette gauche, les veines pulmonaires et le poumon.
A droite, la contraction cardiaque pousse le sang dans l'artère pulmonaire, gros vaisseau acheminant le sang aux poumons où il sera oxygéné. La fermeture des valves tricuspides empêchent le reflux vers l'oreillette droite.
Après le passage de l'ondée sanguine, valves aortiques et pulmonaires se ferment alors que les mitrales et tricuspides s'ouvrent à nouveau.
Un petit courant électrique du nom de "pace maker" et issu de cellules cardiaques parcourt le coeur avant chaque contraction. Son fonctionnement est automatique et régulé par le système neuro-végétatif en fonction des sollicitations extérieures de l'organisme. Ainsi, lors d'un effort ou d'une émotion intense on observe une accélération des contractions ou au contraire un ralentissement lors du sommeil.

Toute altération :
  • des valves cardiaques (mauvaise ouverture ou fermeture),
  • du muscle cardiaque (chute de la contractilité),
  • des chambres cardiaques (dilatation ou réduction),
  • de l'enveloppe cardiaque (présence anormale de liquide),
  • du tissu assurant le courant électrique précédant la contraction
conduit à une diminution du débit sanguin éjecté vers la circulation et à une stase du sang en amont du coeur.

Cardiopathies congénitales et acquises

Il existe deux types de maladies cardiaques :
  1. Les maladies cardiaques congénitales regroupent les anomalies cardiovasculaires apparues à la naissance. Elles sont le plus souvent mise en évidence grâce à l'auscultation d'un souffle (turbulence dans l'écoulement du sang dans le coeur), puis confirmées et caractérisées par examen échocardiographique.
  2. Les maladies cardiaques acquises sont plus fréquentes et assez différentes de celles décrites chez les humains. En effet les affections de type "infarctus" sont quasiment inconnues chez le chien. Lorsqu'un vaisseau coronaire se bouche, les carnivores voient leur vascularisation réaliser des "pontages" naturels, sans intervention du chirurgien.
D'autres affections sont en revanche plus courantes : il s'agit soit de maladies dégénératives valvulaires, soit de maladies dégénératives musculaires.
  • L'endocardiose mitrale
    Elle atteint principalement les chiens de petite taille de 7 à 8 ans. La valve mitrale (et à un degré moindre la valve tricuspide) s'épaissit progressivement, se déforme et ne se ferme plus correctement. Il en résulte une fuite sanguine à l'origine d'un souffle. Cette maladie valvulaire est bien supportée plusieurs mois, voire plusieurs années.
    • Les affections myocardiques
    Elles dominent chez les chiens de grande race (cardiomyopathie dilatée) et sont susceptibles de se manifester à tout âge et de provoquer la survenue rapide de fatigue anormale, de troubles respiratoires (toux, essoufflement), de ballonnement abdominal. Le muscle cardiaque s'amincit brutalement et devient incapable de pousser le sang dans la circulation.
    • Les troubles du rythme cardiaque
    Ils constituent une classe de maladies difficiles à combattre du fait de leur caractère transitoire et des conséquences irréversibles (décès brutal) qu'ils peuvent avoir.
    De nombreuses autres affections diverses existent comme l'épanchement péricardique, la tumeur cardiaque, les maladies parasitaires, l'hypertension artérielle ou pulmonaire...

    L'insuffisance respiratoire
    • Définition
    Toutes les maladies cardiaques ou cardiopathies réduisent la quantité de sang éjectée par le coeur dans l'aorte et/ou dans la veine pulmonaire. Elles favorisent aussi l'accumulation (stase) du sang avant le coeur. Il en résulte une mauvaise circulation dans les tissus qui ne sont plus oxygénés ni nourris comme ils devraient l'être.
    Dans un premier temps le système neuro-endocrinnien permet à l'organisme d'entretenir un débit sanguin suffisant pour ses besoins. Cette période peut être plus ou moins longue selon la sévérité de la maladie cardiaque et la sensibilité de chaque animal ou son exercice.
    Lorsque l'organisme ne peut plus pallier à la chute de débit sanguin, lorsque les besoins circulatoires ne sont plus assurés dans les conditions normales, le chien devient "insuffisant cardiaque".
    • Les signes
    Lorsque l'insuffisance cardiaque concerne le coeur gauche, la fatigue à l'effort devient de plus en plus marquée et les signes respiratoires dominent (toux, essoufflement). Ces signes résultent de la stase en amont du coeur gauche provoquant un oedème pulmonaire.
    Lorsque l'insuffisance concerne le coeur droit, elle se manifeste surtout par un épanchement abdominal (ascite) ou éventuellement thoracique.
    • Le diagnostic
    Il comporte deux étapes : le diagnostic de la maladie cardiaque au sens strict et celui de ses conséquences, c'est à dire de l'insuffisance cardiaque.
    Les renseignements apportés par le propriétaire et les auscultations cardiaque et pulmonaire permettent de choisir l'examen complémentaire le plus utile comme la radiographie; l'échocardiographie, l'électrocardiographie ou l'examen Holter (étude de l'activité électrique sur 24heures).


    Chien en cours d'examen d'électrocardiographie

    Traitement des maladies cardiaques

    Il est encore rarement possible de guérir définitivement une cardiopathie. La chirurgie permet de réduire quelques malformations mais les traitements visent à ralentir l'évolution vers l'insuffisance cardiaque et son aggravation.
    Le coeur travaillant plus lors d'efforts, l'exercice intense et long est à proscrire tout comme l'obésité qui réduit la capacité respiratoire.
    L'alimentation sera bien adaptée ainsi que l'apport en sel qui favorise les oedèmes et on veillera à assurer la très bonne qualité des protéines-glucides-lipides afin de faciliter le métabolisme défaillant des "grands cardiaques".

    Le traitement est généralement par voie orale chaque jour pendant plusieurs mois ou années.
    Les principaux médicaments utilisés sont des vasodilatateurs, des inodilatateurs, des diurétiques, des antiarythmiques...
    Certains acides aminés (carnitine) peuvent figurer dans la composition d'aliments destinés aux cardiaques.




    Depuis 20 ans, le diagnostic en cardiologie a fait d'immense progrès grâce à la démocratisation de l'échocardiographie. La thérapeutique a également beaucoup évolué. Les années à venir verront un grand nombre de cardiopathies évitées grâce à une meilleure compréhension de leur physiopathologie et surtout de leur mode de transmission.

    Nota bene : cet article a été réalisé à l'aide de tout ou partie des textes et photos publiés dans le dossier "Des Bons Maîtres" n°57 de Mars 2007 distribué par les vétérinaires.
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