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Tunisie, la marche des fous


Amina la tunisienne est folle.
Sur la toile elle exhibe ses tétons. La police et sa famille la séquestre. A 18 ans elle n’a pas toute sa raison voyons ! Cacher ces seins que la Tunisie ne saurait voir. Les psychiatres sont appelés en renfort, et même un chirurgien, car on envisage de lui couper les nichons.
Elle s’évade, puis, comme Jeanne d’Arc elle s’en va bouter les wahhabites hors de Tunisie.
Elle est la pucelle de Kairouan ! « FEMEN » écrit-elle sur un mur. Sacrilège ! Le mur est celui du cimetière, des macchabés se lèvent pour hurler à la profanation !

La police pose les scellés sur l’aérosol et le rouge à lèvre.
L’insensée est mise à l’ombre. En hâte des magistrats moustachus consultent les tables de la loi. Ils trouvent de quoi la fouetter mille fois. Sous la pression de l’opinion internationale, les juges se contenteront de l’exiler à la prison des femmes voilées, à la prison des femmes violées, à la prison des femmes révoltées.

En Tunisie, la fatalité du «  peuple habitué à la servitude héréditaire » se brise.
Sans haine ni violence, des hommes et des femmes  anonymes marchent dans l’ombre mais avec détermination. Ils sont vingt et cent, ils sont des millions.
Seuls quelques uns d’entres eux prennent la lumière des médias, ils sont autant de drapeaux pour les suivants.
L’allumette de Bouaziz, la plume de Ben Brik, le tweet d’Amamou, le sacrifice de Belaïd et la poitrine  d’Amina : « la Liberté guidant le peuple ».

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